STUDIO HARCOURT

L'intemporel

Aujourd’hui j’ai rendez-vous au Studio Harcourt. Nichés au cœur du 16e arrondissement de Paris les ateliers m’ouvrent leurs portes pour un moment d’exception et c’est presque religieusement et à pas feutrés que je franchis le seuil de cette célèbre maison connue aux confins du monde pour ses nombreux portraits. Un prestige dont jouissait la marque dans la France des Trente Glorieuses qui n’a pas terni puisque ce précieux héritage est labellisé « Entreprise du patrimoine Vivant ». 

Je vais rencontrer Francis Dagnan, Président, et Catherine Renard, Directrice Générale, les deux chefs d’orchestre qui harmonisent avec succès, exigences artistiques et contingences matérielles. J’entre ainsi un peu dans la demeure de la famille Harcourt tant cette maison au passé glorieux a été « bichonnée » par ses bienfaiteurs de celle dont le nom est toujours la griffe de ces portraits hors normes, je veux nommer Cosette Harcourt. Au cheminement des ans, le portrait Harcourt n’a concédé que des rides d’expression sur les visages connus et les anonymes qui s’y pressent. Nous sommes bien dans l’antre des sculpteurs de lumière. La griffe puise toute son inspiration dans les racines glamour du cinéma en noir et blanc. Pas de photographes érigés en star mais un groupe d’opérateurs qui contribue collectivement à l’esthétique. « Se faire tirer le portrait au studio Harcourt équivaut à une panthéonisation » a dit Jean-Marie Rouart, célèbre romancier. La photographie tire du grec son sens étymologique : c’est l’écriture de la lumière. La beauté, l’embrasement, le flamboiement même de ces visages. Tout l’art consiste à interpréter les traits dans un angle le plus favorable et le plus apte à dégager une personnalité. Le secret des âmes… Ici je me sens reçue comme une amie, une invitée de choix. Dès les premières marches de l’escalier monumental, la magie opère et l’impressionnante hauteur sous plafond impose son apparat de demeure princière. Les abeilles dans la ruche s’activent, hôtesses, photographes, assistants, maquilleuses, toutes affairées et méticuleuses, c’est un ballet, un véritable spectacle, un art de vivre.

Je m’épuiserais à énumérer toutes les stars qui sont passées dans cette maison. D’emblée je suis saluée par une haie d’honneur de portraits de célébrités. Cocteau, Paul Claudel, Mistinguett, la princesse Grace, mais aussi plus récemment Gérard Depardieu, Novak Djokovic, Vanessa Paradis, Jean-Paul Gaultier, John Galliano, Isabelle Carré ... Un patrimoine exceptionnel ou le bon goût et l’harmonie distillent la marque de la maison. Au même titre que les joailliers ou les grands couturiers, Harcourt perpétue l’éclat de cette inoxydable « French touch of class ».
 

Francis Dagnan, vous vous définissez au Studio Harcourt comme des « sculpteurs de lumière » qu’est-ce dont que cet art de la lumière que vous pratiquez en experts ?

Dans un silence quasi-religieux, nos photographes scrutent le visage pour en cerner le mystère et en capter l’essence. Ni flash, ni prises en rafale…. Le but ultime est de magnifier. C’est le travail créatif, constamment renouvelé, d’artistes et d’artisans, experts de l’image et également soucieux de donner le meilleur.

Combien de photographes collaborent au Studio Harcourt ?

Dix photographes composent l’équipe et c’est l’association de ces dix regards qui forge un style unique.

Y a-t-il une philosophie Studio Harcourt ?

Probablement celle de révéler la beauté intime que recèle nécessairement chaque individu. Nous magnifions le modèle. Il faut s’attacher à l’essentiel. De l’essentiel au spirituel il n’y a qu’un pas. Et je ne connais de meilleur passeur que la beauté.

Aujourd’hui comment cherchez-vous à perpétrer l’image?

Nous essayons de toucher la jeunesse qui ne connait presque rien de la légende et de dépoussiérer l’image un peu parisienne, en installant en province une cabine et en accompagnant celle-ci d’une exposition de portraits. Enfin l’objectif majeur, c’est la dimension internationale. Nous visons en particulier les pays émergents, en y installant des expositions accompagnées de studios éphémères, comme nous l’avons fait récemment en Chine, au Brésil et au Chili. Nous avons créé une ligne de produits dérivés, parfum d’ambiance et une cuvée spéciale de champagne haut de gamme.

À cette icône, il faut un style ?

En effet, il est fondé sur le cadrage, une mise en scène minimaliste et, surtout la lumière. Toujours la lumière. Les gens qui viennent chez nous veulent laisser une empreinte impérissable. En fait de griffe, on pourrait parler de « sceau ». L’explosion numérique et l’inflation d’images reproductibles à l’infini, d’images virtuelles, souvent, ne rendent que plus précieuse l’image unique de soi-même, l’icône inimitable.

Votre place au sein d’Harcourt ?

Je dois toujours avoir quelques mesures d’avance par rapport à la partition. À moi, par exemple, avec le concours très actif de Catherine Renard, de développer de nouveaux produits, d’explorer de nouveaux marchés…

Et les rêves que vous caressez ?

Le rêve, nous ne le caressons pas, nous l’offrons. Harcourt n’a pas pris une ride, tout simplement parce que le rêve qui est suscité ne connaîtra pas de fin : l’immortalité, ni plus ni moins. C’est un marché de l’art. Nous ne pouvons que nous inscrire dans le marché de l’art.

Est-ce un rêve accessible ?

Bien sûr si notre empreinte est bien de capter la personnalité de stars et les célébrités qui sont toujours invitées pour un portrait au Studio, nous ne négligeons personne. Nous recevons par exemple beaucoup de familles qui veulent des portraits avec leurs enfants. La maison Chanel nous a demandé d’immortaliser dix-huit de ses prestigieux flacons de parfum. Des opérations commerciales drainent des clientèles ciblées. Harcourt fête les mamans et les papas. Les jeunes filles se voient offrir un portrait pour leurs dix-huit-ans, portrait réalisé en une petite heure. Pour ces demoiselles le maquillage n’est qu’une affaire de cérémonial. Huit sources lumineuses, la lumière accroche parfaitement. Certains veulent même immortaliser leur animal de compagnie : chevaux, chiens, chats…

Francis Dagnan m’invite ensuite à le suivre dans un dédale de pièces. Plusieurs studios où sont installés un matériel très spécifique. Une pièce pour recevoir les invités de marque autour d’un cocktail savamment choisi. Plusieurs ateliers où l’on peut même s’initier aux secrets de la lumière On devine le savoir-faire et l’excellence qui entourent la naissance d’un portrait. Voilà toute le mythe Harcourt, celui d’une élégante sobriété qui nous plonge dans un monde  à part, un monde de rêve dans lequel le temps s’est arrêté. 

 

 

Par Laure de Roumefort
 

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