ISABELLE D'ORNANO

Rencontre avec la co-fondatrice de Sisley

Aujourd’hui mes sens sont aiguisés, mon impatience fébrile, et c’est empreinte de beaucoup d’humilité que je vais rencontrer une Grande Dame au sens noble du terme : Isabelle d’Ornano.

Je sais que cet entretien ne peut me laisser de marbre. J’ai devant moi une femme d’entreprise mondialement reconnue, très internationale et très patriote, une épouse, une polyglotte, une mère de famille, une férue d’art et des belles choses, une amoureuse de la Vie qu’elle respecte dans ce qu’elle a de plus beau. Une femme qui aime les gens et les rencontres. Une voyageuse. Une femme qui a tout donné et qui a tout reçu. Une femme symbole de l’élégance. Une femme qui malgré ses succès de tout ordre a imprimé sur son beau visage le sceau de la sagesse. Et cet équilibre m’apaise comme il me questionne. Comment avez-vous été façonnée Madame ? Pourquoi cette volonté infaillible de réussir, cette discipline de fer, cette curiosité de tout ce qui est beau ? Cet amour de l’art.


Marque française par excellence, Sisley rayonne à l’international. Sa présence parmi les leaders mondiaux de la cosmétique haut de gamme l’atteste comme sa forte croissance. La phyto-cosmétologie, soit l’art de la beauté par les plantes est donc bel et bien devenue un concept planétaire.
 

Vous avez un parcours extraordinaire, et incarnez la réussite avec le succès mondial de la marque Sisley, quels sont les conseils que vous auriez aimé recevoir?

J’aurais voulu commencer plus petit. Hubert mon mari a eu la géniale intuition que les progrès de la technologie permettraient des découvertes étonnantes, sans limites dans le domaine végétal. Mon mari a toujours travaillé dans l’univers des cosmétiques. Nous avons créé la marque Sisley et cette collaboration nous a embarqués dans une folle aventure, nous et notre famille. Commencer plus petit eut été respecter un rythme nécessaire au bon déroulement d’une activité sans doute partie trop vite. Je parle d’un confort personnel. Car la marque a vite connu son essor. Hubert a très vite compris l’importance des plantes et de la phytothérapie. C’était visionnaire et très novateur. Un de nos leitmotivs était d’aller résolument vers le haut de gamme. La France et le haut de gamme français font rêver le monde entier.

Quand votre mari a décidé de créer la marque Sisley, et qu’il vous a proposé de travailler à ses côtés, vous travailliez alors chez le créateur Jean-Louis Scherrer. Qu’est ce qui a motivé votre décision de laisser la mode et d’accepter sa proposition?

Jean-Louis Scherrer appartenait à la marque Orlane que dirigeait mon mari avant de créer Sisley. Lorsque je l’ai épousé cette petite phrase bien édifiante m’a toujours aidée à franchir les étapes.

«Est-ce que c’est pour cette personne là que je veux faire l’effort»?
J’étais déjà très proche de lui au travail. Je voulais être à ses côtés. Sa coéquipière.  Cette opportunité de créer Sisley nous a définitivement réunis. Nous sommes devenus une équipe. Et c’est bien la vocation d’un couple que de s’épauler et de marcher main dans la main. Peut-être sommes-nous alors plus disposés à affronter les difficultés. Nous sommes une team.

Vos enfants travaillent à vos côtés dans l’entreprise. Les gens trouvent qu’il est souvent difficile de travailler en famille. Quelle est pour vous la richesse procurée par une entreprise familiale?

Notre entreprise est devenue familiale car la famille en était capable. Travailler en famille mais alors seulement et seulement si chacun a sa place. Ce n’est pas parce que l’on fait partie de la famille qu’il faut faire partie de Sisley. Il ne faut pas de systématisme. Seulement et seulement si c’est un vœu personnel et surtout si chacun a les aptitudes requises, les capacités nécessaires, la volonté chevillée au corps de faire avancer les choses. Quand tous les ingrédients sont réunis alors c’est une réelle joie et un moteur pour l’entreprise car la communication est fluide. Aujourd’hui trois générations travaillent chez Sisley. Je suis la mémoire de cette marque. Mon souhait le plus profond est de grandir et perdurer sans perdre notre âme et nos racines. Sans perdre cette dynamique et ce souci des choses bien faites. Nous aimons les produits de grande qualité, en aucune façon le luxe ostentatoire. 
 

Vous ouvrez un salon à Bordeaux. Pourquoi cette ville?

C’est au 10 rue Mably, au cœur du Triangle d’Or bordelais, à proximité du Grand-Théâtre et des allées de Tourny. C’est une très belle ville connue dans le monde entier pour ses vins et ses vignobles. Bordeaux, c’est un art de vivre qui reflète le côté épicurien à la française empreint d’une belle architecture. 
«Avoir une belle peau, c’est un état d’esprit qui contribue à améliorer notre moral, notre être profond».
Avoir accès à des soins dans un lieu où il fait bon prendre soin de soi et qui offre une plongée au cœur de la beauté prolonge ce bien être. L’établissement a été conçu et imaginé pour refléter l’esprit de la marque et la sensibilité artistique et culturelle de ma famille à travers les œuvres de créateurs inspirées par la beauté et l’authenticité des lieux. Des objets personnels que j’ai apportés viennent enrichir l’espace.

L’art est très présent dans la décoration de vos instituts. Quelle est votre sensibilité par rapport à l’art ? Est-il indissociable de votre vie?

Avec l’art on s’adresse délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect. L’art c’est le propre de l’humain, produire des objets que l’on s’accorde à trouver beaux. C’est effectivement un des très grands plaisirs de la vie. Mon mari et moi avons suivi des artistes peu connus qui sont devenus des amis et qui se sont fait connaître. Je leur demande parfois de créer des œuvres pour les maisons Sisley. C’est ce besoin intime de partager avec ceux et celles qui viennent dans nos instituts, le beau. Quoi de plus apaisant que de pouvoir être émerveillé. J’ai pour ma part parcouru des kilomètres parfois pour admirer le travail d’un artiste. Lorsque j’achète une œuvre d’art je suis heureuse pour l’artiste et très impatiente de pouvoir partager mon enthousiasme pour le beau. J’aime cette transmission et très simplement cette possibilité d’émerveillement devant une œuvre qui me parle. 

J’ai à cœur d’aider les artistes dont le travail me plaît. J’ai par exemple mis mon carnet d’adresses à leur disposition. Cela a permis de lancer certains artistes. Vous pouvez me rétorquer que cela reste subjectif, mais c’est le propre de l’art d’éveiller chez certains une « rêverie prolongée ». Je suis à l’affut des belles choses. Que ce soit dans les ventes aux enchères ou dans les expositions. Mon regard se pose et je frémis à l’idée de mettre en valeur telle ou telle œuvre. Je n’achète pas pour collectionner mais davantage pour créer un espace de décoration qui me convient. J’aime la décoration et ainsi créer un espace de volupté et de bien-être. J’aime également cette notion de transmettre. Or un objet d’art que vous trouvez beau vous mettez beaucoup d’amour à le partager. C’est un peu dévoiler votre intimité, vos secrets, votre vie profonde. 

Mon intérieur est un lieu tout à fait spécial, un mélange de mes antécédents d’Europe centrale et un peu baroque. J’aime également le contemporain. 

Vient le moment de nous quitter. Je resterais bien un long moment encore pour écouter cette femme si attachante. Alors j’ose une ultime question..

Le bonheur selon vous ?

Ce sont les relations avec les autres. Les relations avec l’être aimé, en famille, les amis… Et aussi, je dois l’avouer, le succès. C’est agréable et valorisant. 

 

Par Laure de Roumefort

Photographies Mikael Vojinovic
 

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