THOMAS VALVERDE

Piano Biarritz Festival

Allongée dans l’herbe, face à la baie de Saint-Jean-de-Luz, légèrement dans la pente pour continuer à voir les vagues se casser contre la digue, j’entends les premiers accords d’un piano… Ce n’est pas un piano classique, il a quelque chose de plus électrique de plus électronique, et de sourd à la fois… Alors que mon imagination s’évade, et que mon cœur se met au rythme du piano, un autre accord retentit, celui du violoncelliste, Sébastien van Kuijk, qui forme le duo Ambassade avec Thomas Valverde. La musique alterne entre pièces minimales de clavier seul et pièces de musique électronique. C’est comme si le cristal avait la possibilité de s’exprimer, un son d’une grande beauté et d’une grande pureté. L’ensemble crée un instant hors du temps, développe une énergie pour disparaître, une énergie pour exploser, un contraste… Une sensation inédite.

J’aime l’histoire que raconte cette musique, l’histoire de ce jeune artiste qui me transporte avec sa musique classique. Il s’appelle Thomas Valverde, et aujourd’hui du haut de la pointe Sainte-Barbe, je suis en accord avec sa musique, « une version revisitée de Toccata , une forme libre improvisée de musique classique, adaptée à sa musique contemporaine »…

Issu d’une famille mélomane amatrice de piano,Thomas a su très vite ce qu’il voulait faire et ce qui allait le rendre heureux au quotidien : vivre sa passion, la musique. Il lui était inconcevable de faire autre chose. Ses premières amours, la musique classique, Beethoven, Rachmaninov, … le poussent vers le Conservatoire. A sa sortie, il découvre le plaisir de composer, « cette possibilité de créer m’a ouvert un monde fantastique. Et puis j’aimais trop la musique électronique pour en faire abstraction ». C’est toute la passion de cet homme que j’entends dans mon casque. « Quand je crée, je n’ai pas de représentation visuelle dans la tête, c’est la musique qui va servir le propos global. Je n’intellectualise pas cet état d’esprit, je baigne totalement dans la musique. J’aime cet état de flottement, le moment où je disparais dans ma musique. Le but ultime : me fondre avec l’air, la musique, ne plus avoir conscience de soi. »

Je repense à notre rencontre, à son interview, à l’intelligence et l’ingéniosité de ce personnage qui, du haut de ses 28 ans a créé le Biarritz Piano Festival, pour faire découvrir à tous, sa passion, ses coups de cœur et ses envies. Un festival pour être interpellé… « Ce festival est l’une de mes grandes fiertés ! A la base une association familiale. Je voulais partager cette passion que nous avions mes amis musiciens et moi, pour les œuvres de Bach, Beethoven, Chopin, Ravel... Ouvert sur les autres musiques, j’avais envie de montrer que cette musique était aussi sexy, et c’était une formidable opportunité pour donner voie au chapitre à d’autres musiciens. » Pour être surpris aussi, avec de jeunes artistes, et des stars internationales du piano. Thomas y présente également chaque année un concert. « C’est tellement gratifiant de faire découvrir un jeune artiste, de partager ce que l’on aime. Le public est surpris, mais agréablement surpris, et il reviendra pour être de nouveau interpellé par la programmation. Un contrat de confiance s’établit entre lui et le festival au fil des années. Le festival ce sont aussi des moments formidables ! Avec les bénévoles, les artistes, le public et ma famille. Le moment avec les artistes, juste avant leur entrée en scène, est un moment privilégié. Mais également, les dîners les soirs de relâche, chez mes parents qui forment le bureau de l’association, sont des moments très forts avec parfois des concerts improvisés à 2h du matin! »
 

Un nuage vient obscurcir le ciel, il me ramène sur la colline, me rappelle qu’il y a les vagues en contrebas. La musique m’enlève toute représentation visuelle, elle sert mon propos, me transporte dans un état de flottement, je baigne dans cette mélodie aux accords familiers et à la fois surprenants. Je repense au Malandain Ballet Biarritz, où je l’ai découvert pour la première fois, et où il paraissait en communion avec les danseurs. Leurs pas et leurs souffles semblaient le booster, une force terrible. J’ai aimé les respirations qu’il laissait entre le public et lui, l’énergie qu’il dégageait. « Lors d’un concert on sent tellement le temps, qu’on ne le sent plus », je n’ai qu’une hâte, être le 29 juillet, dans le salon Diane du Casino de Biarritz, ou à l’Hôtel du Palais pour découvrir un peu plus l’univers de cet homme de musique.

Par Camille Attack

Photographies Cyrielle Balerdi

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