OLIVIA KAHLER

Soprano et Brand Manager

J’ai entendu dire que ta passion pour l’opéra serait née très tôt chez toi, c’est-à-dire lorsque ta mère t’attendait, car elle écoutait beaucoup de Mozart à cette époque. Véridique ?

[Rires] Mes parents aiment la musique, ils ont beaucoup écouté Mozart quand ma mère était enceinte. Alors je crois que oui, car enfant j’ai toujours été sensible à l’Opéra, et aujourd’hui, j’interprète l’air de «la Reine de la Nuit» dans «la Flûte Enchantée » de Mozart. Mais le vrai déclic s’est produit lors de mes 8 ans, lorsque mon père m’a emmenée à Vienne voir « le Fantôme de l’Opéra ». C’était une comédie musicale d’Andrew lloyd Webber. C’est l’histoire d’un fantôme habitant les profondeurs de l’opéra Garnier. Depuis ce jour, c’est le métier que je veux faire. Il m’a donné envie d’entrer dans les coulisses, de connaître l’histoire de l’opéra de Paris. De là aussi est née ma passion pour les histoires. Ce jour à bouleversé ma vie.

Comment en es-tu venue à en faire ton métier?

J’ai étudié la musique aux États-Unis, puis en Europe. J’ai un diplôme de chant lyrique, mais je voulais aussi exercer une autre activité à côté, compatible avec la vie d’une chanteuse d’opéra, c’est-à-dire en voyage perpétuellement. Une première expérience managériale dans le domaine du thé m’a fait découvrir le marketing et les réseaux sociaux. J’ai été mon propre cobaye, et j’ai développé un concept que j’ai d’abord appliqué et testé sur ma carrière. Les demandes d’autres chanteurs sont venues spontanément. Le rêve! Car  j’adore combiner ces deux activités : chanteuse et « brand manager ». 

Brand manager en quelques mots ?

Présenter une image en adéquation avec ce qui sous-tend la carrière d’un chanteur, faire que son visage et sa personnalité captent l’attention des gens et la retiennent. Cela passe par une vraie relation avec le chanteur, et une vraie rencontre. Puis cela peut-être, du shopping, des shootings photo très précis, des interviews avec un discours structuré… Je cherche la créativité toujours en adéquation avec la personne. L’opéra ne prépare pas à toute cette gestion de l’image qui est si importante aujourd’hui.

Qu’aimes-tu dans ce métier de « brand manager »?

La rencontre, la découverte des chanteurs. Et ensuite j’adore raconter, ou plutôt conter des histoires, celles des opéras sur scène, mais aider les chanteurs à créer la leur. 

Quelle image du monde de l’Opéra cherches-tu à transmettre aujourd’hui au travers de ton travail? 

Que l’opéra est un spectacle avant tout, mais que c’est également beaucoup de travail, j’essaye d’ouvrir les portes des coulisses, et de montrer l’importance du côté humain.

 

Penses-tu que l’opéra est en train de se démocratiser? Ou cela reste-t-il un loisir réservé  aux privilégiés?

L’opéra a besoin de changer d’image, a besoin d’être sur les réseaux sociaux, de se démocratiser. Attirer la jeune génération est primordial. L’opéra c’est un peu comme l’art, un cercle un peu fermé. Les gens se disent je n’ai pas la culture, pas l’éducation ou la réflexion pour comprendre une œuvre, ou un opéra, et donc je n’y vais pas. Intéresser les gens, en expliquant les personnages sur scène, en racontant les chanteurs aide à éveiller leur intérêt. Leur donner une image vivante de l’opéra, le dépoussiérer. Quant au prix des places, plusieurs initiatives sont mises en place. Avec Julie Fuchs, l’une de mes artistes, j’ai créé le #Operaisopen, nous offrons toujours deux tickets, et des tarifs bas sont toujours pratiqués sur certaines places pour attirer les jeunes. Les maisons d’Opéra vendent  également souvent des tickets à dix euros dans ce même objectif.

Où peut-on écouter de l’opéra en dehors de l’opéra?

YouTube est un bon support pour donner envie.

De quelle artiste rêveriez-vous de vous occuper?

J’adore mes artistes, mais je dirais Renée Fleming. Je l’ai déjà rencontrée et c’est la première soprano que j’ai écoutée. Je l’admire. Mais mon rêve est de développer mon activité vers d’autres marques de luxe, et de travailler notamment avec les hôtels et de créer des liens entre eux et mes clients.

Où écouter prochainement ta voix de soprano?

J’ai un récital avec la pianiste Agnès Drache à Paris le 26 mai 2019. Nous jouerons Strauss et Mozart dans une résidence particulière dans le 16ème arrondissement de Paris. Ce concert s’inscrit dans la série «Chez Nous»

Par Elka Leonard

Photographies: Mikael Vojinovic

Stylisme: Karine Dunesme & Duchatel Biarritz

Remerciements: Blunt Manufacture, Golf de Biarritz Le Phare, M. Erviti - Centre Service PORSCHE

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