JANE DE BOY

Rencontre avec Marie, au cœur du Cap Ferret

Par Mikael Vojinovic

Point de départ de ma balade dominicale, le petit port de Claouey, pour aller jeter un œil du côté de Jane de Boy, lieu-dit situé en bordure du Bassin d’Arcachonau Cap Ferret, et qui donne accès au sentier du littoral. Je suis intriguée par ce drôle de nom, à consonance anglaise, qui enflamme mon imagination. Ce nom m’évoque une amazone un peu sauvage et rock, avec un fort tempérament. Ma façon à moi de découvrir Marie, et la genèse de sa marque. Car trop curieuse, je ne pouvais attendre le début de l’interview pour poser ma question: Pourquoi « Jane de Boy » ?

Avec un sourire, elle m’apprend que c’est un endroit qu’appréciait tout particulièrement son grand-père. En ouvrant sa première boutique, en 1999, elle voulait lui rendre hommage. Un nom mystérieux dont on ne connaît pas l’origine réelle à ce jour, ni qui serait cette fameuse Jane, d'ailleurs… Du nom du quartier du Cap Ferret, puis de sa première boutique, Jane de Boy est surtout devenue une famille pour Marie.

Pourquoi avoir choisi le Cap Ferret pour vous implanter ?

Une histoire d’amour ! Pour un homme, certes, mais aussi par amour pour la nature.J’y passais tous mes week-ends étant enfant, j’ai eu le plaisir de pouvoir habiter ce bout de presqu’île magnifique vingt-cinq ans plus tard. Et aujourd’hui, j’ai la chance d’y vivre six mois par an. J’ai souhaité apporter quelque chose de nouveau au Cap Ferret, mais effectivement, à l’époque, il n’y avait pas grand-chose !

Aujourd’hui vous avez une image de marque très forte, comment l’avez-vous développée ?

L’histoire de Jane de Boy s’est écrite au jour le jour : à la base un état d’esprit, puis repris et mis en scène par Georges Simon à partir de 2015. Notre univers prend forme à travers des vêtements, des bijoux, des accessoires, certes, mais également tout ce qui nous permet d’embellir notre quotidien : de beaux livres Assouline, des affiches Image Republic, de l’art de la table signé Astier de Villatte ou encore de l’épicerie fine par Nicolas Vahé ou Mariage Frères…

Comment décririez-vous la femme "Jane de Boy »?

Difficile de s’en tenir à une seule “femme Jane de Boy” tant elles sont nombreuses. Chaque cliente, chaque fille de l’équipe, et même chaque homme qui nous entoure a sa part de “femme Jane de Boy”. Je dirais que ces personnes ont des valeurs communes : curiosité, passion, amour, partage, hédonisme, et le goût des belles choses. Avec un brin de folie !

Quelle est votre ligne directrice?

Un feeling, une intuition… je ne saurais pas vraiment comment l’exprimer. Je ne choisis pas des pièces “parce que ça va marcher”. Il s’agira forcément de coups de cœur, que j’aurais achetés pour moi personnellement. J’aime chercher, dénicher des pièces, et partager ces découvertes avec mes clientes. Je pense à elles lorsque je fais mes recherches, aux looks que je pourrais composer pour moi, comme pour elles, sans me restreindre un seul instant pour des raisons de prix ou de marques ! Faire des rencontres, partager, échanger avec mes clients, voilà ce qui me guide.
 
Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de saison et des nouveautés tout le temps…

Je suis justement la première à m’emmêler les pinceaux entre les différentes saisons de la mode ! Collections, pré-collections, croisière… Le rythme des saisons devient effréné et ne laisse pas le temps au vêtement de vivre ! Je privilégie des nouveautés régulièrement mais en quantité très limitée, et c’est la règle que je veux adopter pour la collection Jane de Boy, que je suis en train de développer.

Une mode qui dure et dont on ne se lasse pas? Des vêtements que l’on a envie de garder et avec lesquels on a envie de créer un lien ? Envie de vous diriger vers une mode plus responsable ?

Oui, c’est une évidence aujourd’hui. Nous savons que la mode représente l’une des industries les plus polluantes sur notre planète, et que tout est encore à faire. Il est difficile de trouver aujourd’hui des vêtements aussi responsables qu’agréables à porter, tant au niveau confort qu'esthétique. Veja et son engagement responsable, Anaak, Boyish et son coton recyclé, ou encore Re/Done, qui mise sur l’upcycling d’anciens jeans, ouvrent la marche de la mode responsable chez Jane de Boy. On aime alors associer notre activité à des causes qui nous parlent, telles que la Garden Braderie, une vente que nous avons récemment organisée au profit de la Maison Rose, une association dédiée aux femmes atteintes du cancer.
 
Vous avez aujourd'hui 4 magasins dans 3 villes différentes, mais vous êtes également très présente sur Internet…

Aujourd’hui, il me paraît impossible d’avoir l’un sans l’autre : Internet permet d’avoir une vitrine incontournable mais ne remplacera jamais le contact, les échanges et la relation que l’on voit naître au quotidien dans nos boutiques physiques. Il en est de même pour les marques qui naissent sur Instagram et qui se développent sans boutique ni revendeur: cela peut être une bonne première étape, mais la rencontre physique me paraît incontournable à un moment ou à un autre. La mode est avant tout un magnifique élément favorisant la rencontre, l’échange et le partage.

 

C’est aussi pour cela que vous avez créé la boutique-appartement Jane de Boy ?

Involontairement oui. En 2015, Georges Simon, qui me conseillait jusqu’alors pour la croissance de Jane de Boy, a rejoint l’équipe pour développer la marque, notamment sur Internet. Nous avons alors cherché des bureaux sur Bordeaux. Nos visites nous ont menés au premier étage du 8 cours du 30 Juillet, à deux pas du Grand Théâtre, sur un plateau de 180m² C’était alors une évidence : plutôt que d’en faire des bureaux, il fallait en faire une nouvelle boutique. C’est ainsi qu’est née La boutique-appartement Jane de Boy, un lieu pour prendre le temps de découvrir notre univers et pour partager autre chose qu’un conseil mode, car vraiment l’échange, le partage, l’humain sont le fil conducteur de toute ma vie !

Par Izzy Détective

Photographies: Mikael Vojinovic

Stylisme: Jane de Boy

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