HUGUES FONTENAS

 

Scénographie d'exposition

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Ce matin, nous avons rendez-vous avec Hugues Fontenas, scénographe de l'exposition actuelle "Carambolages" au Grand Palais. 

Hugues Fontenas, vous êtes maître de conférence et professeur mais avant tout un architecte réputé pour toujours allier la recherche scientifique à vos constructions dans un souci de conservation des œuvres. Était-ce une passion ou un réel besoin des institutions culturelles ?

 

Les deux. Tout d’abord c’était un intérêt personnel puisque j’ai suivi une double formation d’architecture et d’histoire de l’art. Le reste est arrivé via le hasard des expériences professionnelles, les compétences et les spécificités que j’ai pu acquérir à travers les projets. 

Quelles sont les règles architecturales de base pour exposer une œuvre tout en la préservant ?

 

Cela est contradictoire car si on veut conserver une œuvre très fragile on ne devrait même pas l’exposer. Présenter une pièce c'est inévitablement l'exposer à des risques de variations climatiques, de luminosité ou de dégradations liées au transport. Les variations climatiques sont l’une des causes de détériorations les plus néfastes. C'est encore plus vrai pour les créations contemporaines  pour l’œuvre. C’est encore plus vrai pour les œuvres contemporaines, en raison de l’hétérogénéité des matériaux qui les composent. Cependant, il y a plusieurs protections possibles pour les exposer en toute sécurité. On peut mettre en place une protection physique pour que celle-ci ne puisse pas être touchée, ni exposée à l’air ambiant ou même protégée des effets néfastes de la lumière. Aujourd’hui, grâce aux systèmes de lumière d’exposition, ou encore grâce à des vitrages spécifiques, on peut à la fois les protéger et mettre en valeur leurs reliefs. 

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Quels sont les moyens principaux mis en place pour une bonne conservation des œuvres dans les réserves des lieux d'expositions ? 

La réserve doit être un endroit sain, dépourvu de tous éléments physico-chimiques qui pourraient nuire à l’œuvre. Certains panneaux synthétiques qui servent à les stocker, par exemple, peuvent nuire par leur simple composition chimique. Les oeuvres se conservent à une température de 18° à 20°. Il ne doit pas y avoir de variations de plus d'un degré toutes les 24 heures. 

 

Avez vous observé des changements dans votre profession dus à l’évolution des nouvelles technologies ?

 

On dispose d’informations plus complètes et d’une mesure des seuils de tolérance plus précise grâce à une meilleure considération gouvernementale. Bien-sûr les nouvelles technologies y contribuent beaucoup, avec notamment les détections sismiques et fongiques. On à la possibilité de nos jours de faire appel à des modélisations 3D qui nous permettent de simuler des conditions nitriques pour prévoir par exemple la conservation climatique.

 

Quels sont, selon vous, les changements à effectuer dès aujourd’hui pour bien exposer / conserver une œuvre d’art?

Le changement essentiel s'est déjà effectué il y a une vingtaine d'années quand se sont mises en place des formations de spécialistes et une collaboration entre les différents professionnels.

Si j'ai un souhait pour l'avenir, ce serait moins de protocole et plus de souplesse pour accélérer et faciliter la mise en place des mesures préventives. 

Par Ariette

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