ELKA LEONARD

Sortir du cadre

Elka Léonard , artiste française au parcours atypique, couche sur ses toiles un univers pictural haut en couleur et liberté. Sensible  à tout ce qui l’entoure, elle peint au plus proche de sa réalité intérieure.

Vous êtes tout à la fois, artiste et chef d’entreprise, ce qui est atypique. Quel est votre parcours ?

J’ai fait beaucoup de choses dans ma vie, et exerce aujourd’hui d’autres activités que celle d’artiste. Destinée à reprendre le cabinet d’expertise comptable de mon père, je me suis rendue compte que ce métier ne serait pas assez créatif pour moi. Mais j’ai besoin de cette mixité d’aventures et de rencontres pour créer. Je ne pourrais pas exercer qu’une seule de mes activités sans être malheureuse. 

Existe-t-il un lien entre vos différentes activités ?

Je peins au plus proche de ma réalité intérieure, et mes œuvres reflètent intrinsèquement ce que je suis. Mon travail est un hommage à la féminité. Les femmes que je peins et dépeins sont indépendantes, sûres d’elles et de leur séduction. Si je n’étais qu’artiste peintre, elles seraient sûrement différentes.

Pouvez-vous décrire votre processus de création ?

Le titre, souvent accompagné d’un texte, est la pierre angulaire de mon travail. Je cherche de prime abord le scénario, puis j’imagine un visuel arrêté de l’histoire que j’écris. Je reviens ensuite au titre, au visuel… Je fais des allers-retours jusqu’à ce que tout rentre dans la toile, parfois c’est rapide, parfois plus lent. Le projet mûrit peu à peu, et même si je peux l’inciter à mûrir plus rapidement, c’est lui qui décide. Quand tout est calé, je passe au dessin, et ensuite à la peinture. Bien que tout soit extrêmement arrêté et précis quand je me mets à dessiner et peindre, il m’arrive d’avoir un résultat très différent de ce que j’avais imaginé. Ma création est comme une barque qui vogue sur un océan, et c’est elle qui décide de m’emmener où elle veut. Même si je peux l’orienter, elle a le dernier mot. 

Le décor est particulièrement important dans votre travail ? 

Lorsque j’imagine un scénario, j’en imagine tous les recoins. J’ai un mode de pensée qui ramifie chaque idée en permanence. J’aime quand les éléments de décor tissent des liens entre eux, se répondent. De tempérament excessif, j’aime les décors riches et complexes. Mes personnages évoluent ainsi dans des univers typés, souvent Art déco, empreints d’histoire et de références, dépositaires d’une culture française à la fois rétro et très contemporaine. Les détails que je sème dans chaque œuvre invitent le spectateur à imaginer le non-dit, le suggéré, le censuré.

 

Vos décors sont très souvent des décors d’intérieur, une raison à cela ?

Même si j’aime la nature, j’avoue lui préférer très largement les intérieurs. Je peux admirer longuement un tissu ou un meuble et ne passer seulement que quelques instants sur un coucher de soleil.

Vous semblez être très attachée à l’univers des Années folles. Qu’est-ce qui vous attire dans cette époque ?

Clairement mon époque de prédilection ! J’aime l’aspiration nouvelle à la liberté et à la joie de vivre qui s’en dégage. La grande effervescence culturelle et intellectuelle de cette époque, marquée par la créativité et l’exubérance, est proche de ma personnalité.

La femme est votre interprète favorite, qui est-elle au travers de toutes vos œuvres ?


Elle est la femme, les femmes, la Créatrice, celle qui donne la vie, par la naissance mais aussi par la pensée. À l’image d’Eve qui accomplit le premier geste de liberté en goûtant la pomme et qui curieuse va vers la connaissance. Elle ouvre la voie du libre arbitre, et veut vivre la grande aventure d’être elle-même.

Quelle émotion, quel message, cherchez-vous à communiquer ?

Le fil conducteur de mon travail est la connaissance de soi, et la quête de liberté. Il ne s’agit pas de jouer un personnage ou de paraître, mais d’être.  Aujourd’hui trop de phénomènes extérieurs influent sur notre libre arbitre. Je pense que nous devons nous reconnecter à nous-mêmes car sans cette connaissance de soi, la pensée et les idées ne peuvent émerger. Les femmes que je peins sont maîtresses de leur destin, car justement elles se connaissent.

Le désir et la sensualité sont très présents dans votre travail, ai-je raison ?

Oui, omniprésents. Ils créent une tension intérieure qui selon moi, reconnecte l’être à lui-même. 

Peut-on dire que votre travail a un air de peinture cinématographique ?

Complètement ! Chaque œuvre est le théâtre d’un passé, d’un présent et d’un futur qui s’entremêlent,  où la femme se joue d’un homme ou de l’Homme, à peine évoqué mais omniprésent… Elle se met en scène sous son regard. Les personnages jouent entre eux des scènes à la dramaturgie très précise dans laquelle l’artiste ménage des zones d’ombres. La peinture se fait alors mentale, elle questionne la notion d’intimité, de souvenir et d’oubli. 


Les gens ont souvent l’impression que vous sortez de l’un de vos tableaux. À quoi cela est-il dû à votre avis ?

À ma sincérité, je suis intrinsèquement ce que je peins.

 


Par Camille Attack


Retrouvez les oeuvres d’Elka Leonard à la Elka Bronner Gallery à Guéthary et découvrez toutes son oeuvre sur www.elkaleonard.com

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