LYDIA COURTEILLE

Entre trésor du passé et modernité

Je viens de signer le contrat du siècle ce matin, et tout juste sortie de mon rendez- vous, comme L’Oréal le dit si bien, j’ai décidé de me faire plaisir, « parce que je le vaux bien ». Je me dis qu’un bijou est l’exacte récompense qui s’impose. Je suis face au 231 rue Saint-Honoré, où une devanture attire mon attention. Bleue/violette et noire, elle ressemble à un cabinet de curiosités. Intriguée, je traverse la rue, et c’est alors que j’ouvre des berlons en regardant la vitrine. Des bijoux extraordinaires sont là, devant moi, et ne demandant qu’à être essayés.. Je pousse la porte et j’ai l’impression d’entrer dans un monde imaginaire. Des grenouilles, des masques d’indiens, des libellules, des plantes sauvages s’offrent à moi. Devant mon émerveillement, une femme m’accueille, elle n’est autre que la créatrice Lydia Courteille.. Elle a des yeux extraordinaires, hypnotiques. S’engage alors une conversation dans un monde poétique, bien loin de mon univers d’avocate, qui m’entraîne vers un voyage initiatique.

Vos bijoux me font penser à des poèmes, j’ai l’impression de lire une histoire en chacun d’eux, d’où vous vient cette envie de créer de tels bijoux ?


Certains écrivent des livres, d’autres des poèmes, moi j’écris des bijoux. Je les dénomme bijoux de conversation. Ils reflètent mon monde intérieur. Je suis scientifique, gemmologue, collectionneuse, voyageuse, épicurienne et anticonformiste avec un brin de provocation. Mais aussi, tout ce que j’aime, j’ai envie de le faire partager. J’ai notamment une passion pour les civilisations passées que j’essaye de communiquer dans mon travail. Utiliser les trésors du passé pour les faire revivre dans le présent avec un regard contemporain. N’est-il point frustrant de voir une œuvre dans un musée et de ne pas pouvoir la porter ? [Rires] Alors cela fait des années que je dévore toutes les découvertes dans ce domaine. Je suis une assidue du musée du Louvre.
 

Vos bijoux sont d’une extraordinaire prouesse technique ! Vous racontez des histoires complexes sur un support extrêmement restreint, si l’on considère par exemple une bague.


C’est exact ! Ces bijoux dont je réalise la conception, sont le résultat d’une collaboration avec une super équipe et de supers ateliers. Je dirais que mon audace ne connaît pas de limite.

Tous vos bijoux sont des pièces uniques ?


Oui. Je crée deux collections par an. Chaque collection est composée de 25 à 50 pièces, et je crée également 120 pièces environ pour les collections passées. Ce qui fait depuis le début environ 4200 pièces et 54 collections ! J’ai toujours plusieurs projets en gestation. Certaines idées germent très vite, d’autres prennent plus de temps. Mais je n’ai pas de processus créatif défini, cela vient tout seul.

Une pierre préférée ?


Je dirais l’opale, mais il est difficile de se fournir. J’aime cependant toutes les pierres qui me sautent aux yeux ! [Rires] Et surtout, faire plonger les gens dans ma passion des pierres.

Quel est le bijou le plus fou que vous ayez réalisé ?


Un bracelet avec trois visages. C’était un bijou extrêmement complexe.

Selon vous, qu’apporte un bijou à une femme ?


Porter un bijou, c’est un peu comme porter une œuvre d’art, se parer, s’embellir. On expose sa personnalité, il relie l’extérieur à son monde intérieur. On montre un morceau d’intime aux autres. Mais sous un angle plus rationnel, on se constitue également un trésor transmissible. [Rires]

Par Pauline Borghèse

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