LA COMPAGNIE

DE PHALSBOURG

Philippe Journo: un philanthrope mécène

J’ai découvert La Compagnie de Phalsbourg lors de l’exposition « Inventons la Métropole du Grand Paris » au Pavillon de l’Arsenal. Elle faisait partie des lauréats, mais j’ai surtout été impressionnée par le nombre de concours qu’elle avait remportés. Je suis ravie de rencontrer ce matin Mathieu Boncour, Directeur des relations institutionnelles du mécénat de la Compagnie de Phalsbourg qui nous parle de son Président et fondateur Philippe Journo. Homme d’affaires talentueux, mécène, philanthrope, ambassadeur d’une architecture ambitieuse et de la nature en ville, Philippe Journo cultive une attitude de bienveillance et de bienfaisance dans tous ses projets. Décoré à de multiples reprises, le « prix du promoteur de l’année » en 2018, le titre de Grand Mécène en 2011, pour ne citer qu’eux, Philippe Journo soutient de nombreuses associations, engagements auxquels il consacre avec sa femme chaque année jusqu’à 20% de leurs revenus.

Son côté altruiste et sa prédilection pour les arts lui permettent de s’investir également dans des projets de restauration d’un patrimoine qu’il veut protéger. « Le beau est un des symboles du bien » tel est l’adage qui peut servir de devise à ce bienfaiteur. Tout le monde a le droit au beau et l’on comprend que Philippe Journo porte une vraie responsabilité sociétale. L’accès à la culture élève, c’est pourquoi il veut permettre à chacun d’y pénétrer. Une évolution naturelle qui permet à la Compagnie de  Phalsbourg de s’imposer dans nombre de projets aussi extraordinaires que l’Atoll à Angers, Wavesà Metz ou Ma Petite Madeleine à Chambray-lès-Tours.
 

Quelle est selon vous, l’identité de la compagnie de Phalsbourg ?

Je dirais tout d’abord une architecture d’exception. Nous peaufinons l’esthétisme dans tous nos projets. La qualité environnementale doit également être exceptionnelle. Les lieux investis doivent créer une impression agréable voire susciter un sentiment d’admiration.Sans oublier la protection de la nature et la recherche du bien être, ce que je définirais comme un état lié à différents facteurs considérés de façon séparée ou conjointe. Nous voulons considérer tous les facteurs pour créer des lieux de vie harmonieux. Et enfin, le numérique. Il est aujourd’hui impensable de vivre dans un monde non connecté.

Emmanuel Kant dit : « le beau est un symbole du bien » et Philippe Journo l’a repris à son compte. Pourriez-vous développer cette pensée ?

Il y a trente ans, Philippe Journo rachetait des sociétés en faillite, les remettait à flot et les revendait ensuite. Parmi les entreprises qu’il rachète, il en est une en périphérie de Paris. Il est indéniable que le marché y est rentable mais force est de constater que l’environnement est relativement moche. Les commerces ressemblent à des boîtes entourées de parkings sans aucun arbre. Cette conception de l’immobilier enlaidit les entrées de ville, et, est pour Philippe Journo, indigne d’un pays comme le nôtre. Il n’y a aucune raison que le beau soit réservé aux personnes, souvent les plus aisées, qui habitent le centre. C’est de cette constatation qu’est partie son envie chevillée au corps, d’apporter le beau dans les secteurs limitrophes. Les détracteurs ont réagi : « Faire du beau ce sera trop cher et les gens ne viendront pas ». Mais, c’est convaincu que faire du beau c’est susciter le bien, que Philippe ne s’est pas démonté. Si l’on tolère le laid on défigure la vie de tous les jours. En créant le beau on donne accès à la culture. Il voulait irriguer tous ces endroits délaissés et les magnifier, les humaniser, les reverdir. 

L’architecture est-elle pour Philippe Journo un rêve d’enfant ?

Pas forcément. Il a travaillé avec des architectes talentueux et soucieux du bien-être, et c’est en étudiant l’architecture l’esprit ouvert qu’il s’est initié. Moi-même et tous les membres de l’équipe avons suivi des cycles de conférences sur le sujet. Ce serait plutôt un rêve d’adulte. Il veut laisser derrière lui de beaux projets, qui vieillissent bien et où les gens se sentent à l’aise. La France est un très beau pays et il est de notre responsabilité de préserver cet équilibre et de le faire perdurer. 

Depuis combien de temps la Compagnie de Phalsbourg fait-elle du mécénat ?

Le mécénat est intrinsèque à la création de la Compagnie de Phalsbourg et à l’éducation de Philippe Journo. Sa mère lui a appris à compter et à bien gagner sa vie et son père, à dépenser le mieux possible cet argent gagné. C’est pour lui une raison de vivre. C’est donner un sens à sa vie. Un engagement vis-à-vis de la société. Vous comprenez, il est arrivé en France à l’âge de huit ans de sa Tunisie natale. Ses parents souhaitaient que leur fille aveugle soit prise en charge à l’Institut national des jeunes aveugles. Philippe Journo s’est toujours senti redevable vis-à-vis d’une société qui prend en charge. Sa maxime : le « give back ». Je dois rendre à la société ce qu’elle m’offre. C’est par ce cheminement que l’idée d’aider financièrement de beaux projets a germé. C’est une histoire de partage. Il a ainsi œuvré auprès de tous les ministres de la culture qui se sont succédés pour que les 100 premiers euros de don de chaque citoyen soient défiscalisés. Ces subventions, il lui tient à cœur de les accorder à des activités culturelles, au handicap, à tout ce qui concerne notre patrimoine….

Dans sa démarche, il y a un projet de société. Une société participative qui met en exergue le beau et qui donne accès à la culture pour susciter le bien. L’effet de domino. Le beau engendre le bien. Bien évidemment notre entreprise doit gagner de l’argent mais sans occulter certaines prérogatives à commencer par celle de créer un cadre de vie digne de ce nom.

Qu’est-ce que le projet « philanthrolab » ?

C’est tout d’abord un joyau architectural qui remonte au XVe siècle dans le Ve  arrondissement de Paris, mais et surtout un lieu destiné à favoriser l’émergence de nouveaux projets philanthropiques. Il s’agit tout simplement de faire de la pédagogie autour de la philanthropie. C’est acquérir une attitude de bienveillance doublée de bienfaisance. Cet  idéal n’est pas l’apanage des personnes les plus aisées. Nous pouvons tous être philanthropes et mécènes à notre échelle. Si je n’ai pas suffisamment d’argent, je peux peut-être donner de mon temps. Si je n’ai pas assez de temps, j’ai peut-être des compétences à partager. Nous organisons des débats sur le sujet. Nous accompagnons des associations porteuses de projets qui nous paraissent dans ce sillage. Nous réunissons des mécènes et les mettons face à des projets dont on pense qu’ils sont intéressants et réalisables. C’est une intention audacieuse mais qui doit rentrer dans nos habitudes. Cela participera à une société meilleure.

Sans doute est-ce notre défi des années à venir. Le souci du bien-être qui commence par l’environnement dans lequel l’homme évolue. Une architecture exceptionnelle, une écologie certaine. Cette Compagnie de Phalsbourg ne manque pas de projets et diversifie ses actions. On peut sans aucun doute parler d’un immobilier de conviction. La leçon est bien retenue : chacun peut participer à sa propre échelle, hommes d’affaires ou pas, le tout est d’y croire. Soyons tous des artisans du beau.

 

 

Par Mary-Lou Dunesme
 

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