BRENDAN MURPHY

Comment l'art transmet-il une énergie positive?

Quel est votre parcours ? Vous étiez trader, vous êtes devenu artiste, ce n’est pas un parcours classique.

J’ai fait beaucoup de choses différentes dans ma vie, on peut dire que je suis un touche-à-tout, et je pense que cela se reflète dans l’ensemble de mon œuvre. J’ai été joueur de basket professionnel en Allemagne avant de travailler à Wall Street. Malgré toutes ces expériences j’ai toujours su au fond de moi que j’étais un créatif, et que ce n’était qu’une question de temps. Je pense que la tragédie du 11 septembre 2001 a été un moment clé. Je connaissais des personnes qui sont mortes ce jour-là et j’ai commencé à regarder la vie différemment, cela m’a donné le courage d’écouter ma voix intérieure. Cela étant dit, faire ce premier pas et continuer sur le chemin créatif n’a pas été facile, mettre un pied dans l’inconnu est excitant et effrayant à la fois. Je pense que ma sculpture « Booni spaceman » représente exactement le concept de passage à l’étape suivante et de faire face à nos peurs.
 
Quel lien peut-être fait entre votre ancienne vie et votre art?

Mon œuvre reflète toutes mes expériences passées et ce que vous voyez sur la toile et dans mes sculptures est exactement ce que je suis en tant que personne. Le sport a représenté une grande part de ma vie et les athlètes de haut niveau m’inspirent tout particulièrement : leur état d’esprit, leur motivation et leur détermination. J’ai réalisé des peintures et sculptures d’athlètes de haut niveau tels que Novak Djokovic et Gregor Dimitrov, qui sont mes amis et collectionnent mes œuvres. En 2016, j’ai créé une sculpture de Novak Djokovic haute de 5,50m en fer et fibre de verre, intitulée « Nole IV », qui a été dévoilée au Musée d’Art Moderne de Rio de Janeiro. Dans mon travail le plus récent, la série graphique « Chalkboard » (Ardoise NDLR), qui est actuellement mon plus grand succès, j’utilise essentiellement des formules, symboles et données chiffrées pour traduire la nature abstraite des émotions et capturer l’expérience humaine. Certains diront que c’est également en rapport avec mon passé.
 

Vous avez travaillé sous l’égide d’Erich Fischl, David Salle et Ross Bleckner. Comment les avez-vous rencontrés ?

J’ai été très chanceux (vous savez quand vous êtes au bon endroit au bon moment) de rencontrer ces grands artistes et de pouvoir observer leur façon de travailler. Quand j’ai réalisé que je voulais être artiste et que j’étais déterminé à continuer dans cette voie, vous pourriez presque dire que les astres se sont alignés pour moi et m’ont envoyé tous les bons signaux, comme mes rencontres avec ces personnes qui deviendront plus tard mes mentors. 

Pourquoi eux ? Comment leur travail vous a-t-il inspiré ?

Ce n’est pas vraiment leur travail, je ne peins comme aucun d’entre eux. C’est plutôt leur enseignement, ils m’ont appris comment devenir un artiste professionnel, comment approcher le travail en studio et plus récemment à quoi cela ressemble d’être un artiste à succès. Je ne pense pas que beaucoup de jeunes artistes aient l’opportunité d’en être témoin, et voir comment un artiste prospère vit, vous donne une vision plus claire qui vous permet de réaliser que vous pouvez aussi vivre de cette façon. 

Vous vous exprimez de différentes façons, peinture, sculpture. Que vous apporte chacune de ces techniques ?

Chaque support a un débouché créatif différent. Je pense que la sculpture exige un certain niveau de dextérité et de détail alors que les œuvres sur toile doivent vraiment être réalisées de façon fluide. Les deux requièrent bien sûr l’attention du détail, mais je pense que l’approche est différente. Avec la sculpture j’essaie de créer une œuvre ayant un impact, avec la peinture je pense que c’est un processus plus lyrique et poétique.

Pouvez-vous décrire le début de votre processus de création ? Quel en est le point de départ ? Y-a-t-il un processus intellectuel avant d’approcher une toile ou de commencer une sculpture ?

Je pense que mon travail était et est toujours une indication du « moment ». Être dans le « moment », une expérience qui nous échappe rapidement. Damien Hirst aime explorer la Mort et comment nous nous sentons concernés par la Mort. J’aime explorer la prise de conscience et la façon dont nous continuons de créer des distractions qui nous éloignent du moment présent. Comment nous traitons les émotions, comment nous générons un sentiment et comment nous communiquons réellement. Cela m’inspire vraiment d’explorer la prise de conscience. En faisant ça, j’ai l’impression de tenir un miroir face à la beauté et à la magie  et j’espère encourager les gens à marcher dans la vie les yeux ouverts plutôt que fermés.

Quelles émotions essayez-vous de créer ?

J’espère que mon travail force le spectateur à être dans le moment, l’amène à cet endroit précis, déclenche le processus de compréhension intérieure des choses. Mon but est d’encourager et d’inviter le spectateur à supprimer la distraction, même pour un court instant, et d’être présent dans le moment qui est la forme la plus pure d’existence. Donc si je peux vous aider à vous ancrer dans le moment présent et déclencher une cascade d’émotions qui peuvent vous aider à mieux vous connecter avec vous-même et les personnes autour de vous, alors j’ai fait ce que j’avais l’intention de faire et je suis heureux.

Quelles sont vos sources d’inspiration ?

En plus d’être inspiré par l’exploration de la conscience, mes plus grandes influences sont les relations et le spectre des émotions humaines que j’aime traduire en formules et en équations. J’aime aussi explorer l’interaction de la beauté, du pouvoir et du besoin de comprendre les énergies de la vie. Le potentiel de l’art à transmettre l’énergie positive m’inspire également, ainsi que l’effet de l’énergie positive sur la société dans son ensemble. Quand il s’agit d’autres artistes, j’aime les couleurs de Hans Hofmann, le scénario de Basquiat et l’impact de l’œuvre de Clyfford Still.

Vos tableaux sont plutôt abstraits et vos sculptures plutôt figuratives. Est-ce fait exprès ?

La technologie m’a offert beaucoup d’outils et m’aide à réaliser des sculptures plus proches de l’image que j’ai en tête. Honnêtement, je ne maîtrise pas vraiment les techniques de la peinture et j’ai du mal à recréer parfaitement ma vision.

Certaines de vos toiles sont plutôt monochromes et sombres, et d’autres au contraire très colorées. Quelle importance a la couleur pour vous ?

J’adore la couleur, je l’utilise pour créer une ambiance et un sentiment. C’est très important pour moi, de toute façon, sombre ou coloré, c’est un choix délibéré et destiné à créer une atmosphère.

Vous avez beaucoup de projets. Quel est votre prochain challenge ?

Je travaille sur de belles œuvres pour les salons d’art de cet hiver, un travail vraiment puissant mais équilibré, c’est la meilleure combinaison pour moi. Et j’aime aussi le sport et le mouvement, alors mon travail de sculpture sera vraiment axé sur cela cette année.

 

Par Karine Dunesme
 

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